31 octobre 2013

 Rabat en marchant, par les chemins de traverse : jolies découvertes. 
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Un « petit taxi » arrive, tout bleu, couleur de ceux de l’agglomération rbatie. Il passe devant nous, mais nous ne le hélons pas, préférant plutôt marcher. Ainsi, en trois journées citadines, aurons-nous parcouru, à pied, une trentaine de kilomètres, de long en large, particulièrement en des lieux non-touristiques.

Marcher, toujours, sans pouvoir s’en empêcher. Comme une drogue ? Non ! Nous ne le faisons pas pour le plaisir de se chauffer les mollets. Même si ce petit effet est indéniablement bon. Non plus pour s’assainir le corps ou se purger la tête. Même si là encore...

Si nous marchons comme deux têtus maniaques, c’est pour le simple bonheur de flâner et d’observer le monde. Pour le plaisir de suivre, de sentir et de vivre, en retrait, le flot de ce monde, la chorégraphie des instants.

Avec un p’tit taxi bleu, de l’instant, de la chorégraphie, tu n’as que le départ et l’arrivée. Alors qu’en marchant, en lambinant, tu gobes tout. Et, pour un peu que tu aies l’esprit ouvert, tu comprends beaucoup mieux.

Alors on marche en traînardant. On se pause en regardant. On goûte et on écoute. Et là, tac, on part à gauche, toute, par un chemin improbable, dans une ruelle un peu glauque. Parfois pas convaincus, mais toujours à explorer. Jusqu’à tomber en des lieux bruts, authentiques, ou à boucler. Mais le brut, parfois, l’authentique, aussi, ils ne sont pas toujours beaux.

En fait, c’est pour ça que l’on marche. Ne pas chercher le beau. Mais trouver le vrai.

À Rabat, il y a le Chellah , un de ces beaux patrimoines historiques, très touristique. Que puis-je en dire ? Rien. Du moins, guère plus que ne réciterait toute encyclopédie. Bougons un peu cons, nous ne l’avons pas visité, ce Chellah. Par contre, je pourrais évoquer un sentier qui le contourne, qui plonge jusqu’à ses fondations luxuriantes et humides, puis qui plonge encore, droit dans la vallée fertile du fleuve Bouregreg . Évoquer un improbable village , sorte de bidonville propre et poétique, construit mignonnet au cœur d’une petite roselière. Évoquer un énorme eucalyptus , sorte d’agglomérat foutraque de trois ou quatre arbres, posé là comme un vieux sage.

Je pourrais écrire, aussi, que si tu files « gauche toute » derrière ce monstre végétal, et que tu files encore, tu aboutis à une briqueterie désaffectée. Mais, c’est un cul-de-sac, en bord de voie ferrée. Je pourrais te prévenir, alors, que si t’es con têtu, tu te galéreras à contourner les rails, tu piétineras dans les ordures, tu crapahuteras au bord du périphérique, jusqu’à, ouf, aboutir sur le bel océan. De là, alors, tu pourras reprendre une balade plus tranquille, plus traditionnellement touristique, et plonger au creux de la paisible Kasbah des Oudayas , puis de la bouillonnante médina rouge .

Un « petit taxi » arrive, tout bleu, couleur de ceux de l’agglomération rbatie. Il passe devant nous, mais nous ne le hélons pas, préférant plutôt marcher. Ainsi, en trois journées citadines, aurons-nous parcouru, à pied, une trentaine de kilomètres, de long en large, particulièrement en des lieux non-touristiques.

Marcher, toujours, sans pouvoir s’en empêcher. Comme une drogue ? Non ! Nous ne le faisons pas pour le plaisir de se chauffer les mollets. Même si ce petit effet est indéniablement bon. Non plus pour s’assainir le corps ou se purger la tête. Même si là encore...

Si nous marchons comme deux têtus maniaques, c’est pour le simple bonheur de flâner et d’observer le monde. Pour le plaisir de suivre, de sentir et de vivre, en retrait, le flot de ce monde, la chorégraphie des instants.

Avec un p’tit taxi bleu, de l’instant, de la chorégraphie, tu n’as que le départ et l’arrivée. Alors qu’en marchant, en lambinant, tu gobes tout. Et, pour un peu que tu aies l’esprit ouvert, tu comprends beaucoup mieux.

Alors on marche en traînardant. On se pause en regardant. On goûte et on écoute. Et là, tac, on part à gauche, toute, par un chemin improbable, dans une ruelle un peu glauque. Parfois pas convaincus, mais toujours à explorer. Jusqu’à tomber en des lieux bruts, authentiques, ou à boucler. Mais le brut, parfois, l’authentique, aussi, ils ne sont pas toujours beaux.

En fait, c’est pour ça que l’on marche. Ne pas chercher le beau. Mais trouver le vrai.

À Rabat, il y a le Chellah, un de ces beaux patrimoines historiques, très touristique. Que puis-je en dire ? Rien. Du moins, guère plus que ne réciterait toute encyclopédie. Bougons un peu cons, nous ne l’avons pas visité, ce Chellah. Par contre, je pourrais évoquer un sentier qui le contourne, qui plonge jusqu’à ses fondations luxuriantes et humides, puis qui plonge encore, droit dans la vallée fertile du fleuve Bouregreg. Évoquer un improbable village, sorte de bidonville propre et poétique, construit mignonnet au cœur d’une petite roselière. Évoquer un énorme eucalyptus, sorte d’agglomérat foutraque de trois ou quatre arbres, posé là comme un vieux sage.

Je pourrais écrire, aussi, que si tu files « gauche toute » derrière ce monstre végétal, et que tu files encore, tu aboutis à une briqueterie désaffectée. Mais, c’est un cul-de-sac, en bord de voie ferrée. Je pourrais te prévenir, alors, que si t’es con têtu, tu te galéreras à contourner les rails, tu piétineras dans les ordures, tu crapahuteras au bord du périphérique, jusqu’à, ouf, aboutir sur le bel océan. De là, alors, tu pourras reprendre une balade plus tranquille, plus traditionnellement touristique, et plonger au creux de la paisible Kasbah des Oudayas, puis de la bouillonnante médina rouge.