28 octobre 2013

 Campagne-ville : discordance rythmique, chamboulement des vies. 
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Ce matin, réveil morose dans notre paisible coin de forêt. Nos corps sont fourbus, nos ventres malades et nos têtes, elles, broient quelques idées noires. Contrecoup d’une marche précaire, forte et usante. Expérience qui se forge à coups de pied au cul, y laissant deux-trois bleus. Alors, ce matin, au premier « engin à roulette » qui s’arrêtera pour nous avancer : on dira Oui !

Finalement, c’est un bon-gros-vieux camion amerloque qui nous prend. À Sidi Yahya El Gharb, le sympathique conducteur – trente-cinq ans de métier – a fort à faire, tant l’étroite route est jonchée de piétons, d’ânes et de charrettes. Alors, il slalome au son du klaxon.

Ce soir, après dix kilomètres à pied, vingt-cinq en camion, vingt en grand taxi, puis vingt en train, nous débarquons enfin à Rabat . Après trois semaines à vivre dans les campagnes du Nord-Maroc, quatre-cents kilomètres à y traîner nos basques : quel choc ! Un fossé énorme semble séparer ces « deux mondes d’un même pays ».

Qu’il est passionnant, alors, de vivre soi-même ce contraste. De passer, brutalement, du rythme rural paisible à celui urbain fou. Qu’il est amusant, aussi, de sentir que la fracture ville-campagne est plus forte que celle interculturelle. Ainsi, un citadin accro, de Nantes ou de Lyon, se sentira plus à l’aise – sur le long terme – à Rabat qu’au fond de la Lozère.

Rabat est une métropole au standing occidental : propre, circulation maîtrisée, chaussées entretenues, magasins modernes , infrastructures nombreuses, avec des bancs, des parcs, des fleurs, etc.

À la gare, surprise : de superbes toilettes... propres... avec des sièges... et du papier ! Pendant une demi-heure, nous squattons là, confortables et heureux, chapardant même – mauvais réflexe du baroudeur – une belle quantité de papier. Sûr qu’on en a manqué !

Sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre , un joli tramway bondé nous passe devant, comme un souvenir estudiantin. Au moment où les lampadaires s’éclairent, les parcs publics, eux, ferment leurs grilles pour la nuit. Beaucoup de monde vont et viennent, en tous sens, d’un pas assuré. Ici, ni âne, ni charrette, ni chien errant ; l’ordre est respecté. De jeunes femmes non-voilées, habillées à la mode occidentale, se promènent désinvoltes, seules ou entre amies, parfois garçons et filles réunis. Un beau parfum cosmopolite divague dans les rues, flotte dans l’atmosphère.

Pour les trois jours à venir, nous sommes accueillis par Charlotte et Jérôme , un couple de français, jeunes mariés, vivant au Maroc depuis quatre ans.

Ce matin, réveil morose dans notre paisible coin de forêt. Nos corps sont fourbus, nos ventres malades et nos têtes, elles, broient quelques idées noires. Contrecoup d’une marche précaire, forte et usante. Expérience qui se forge à coups de pied au cul, y laissant deux-trois bleus. Alors, ce matin, au premier « engin à roulette » qui s’arrêtera pour nous avancer : on dira Oui !

Finalement, c’est un bon-gros-vieux camion amerloque qui nous prend. À Sidi Yahya El Gharb, le sympathique conducteur – trente-cinq ans de métier – a fort à faire, tant l’étroite route est jonchée de piétons, d’ânes et de charrettes. Alors, il slalome au son du klaxon.

Ce soir, après dix kilomètres à pied, vingt-cinq en camion, vingt en grand taxi, puis vingt en train, nous débarquons enfin à Rabat. Après trois semaines à vivre dans les campagnes du Nord-Maroc, quatre-cents kilomètres à y traîner nos basques : quel choc ! Un fossé énorme semble séparer ces « deux mondes d’un même pays ».

Qu’il est passionnant, alors, de vivre soi-même ce contraste. De passer, brutalement, du rythme rural paisible à celui urbain fou. Qu’il est amusant, aussi, de sentir que la fracture ville-campagne est plus forte que celle interculturelle. Ainsi, un citadin accro, de Nantes ou de Lyon, se sentira plus à l’aise – sur le long terme – à Rabat qu’au fond de la Lozère.

Rabat est une métropole au standing occidental : propre, circulation maîtrisée, chaussées entretenues, magasins modernes, infrastructures nombreuses, avec des bancs, des parcs, des fleurs, etc.

À la gare, surprise : de superbes toilettes... propres... avec des sièges... et du papier ! Pendant une demi-heure, nous squattons là, confortables et heureux, chapardant même – mauvais réflexe du baroudeur – une belle quantité de papier. Sûr qu’on en a manqué !

Sur le parvis de la cathédrale Saint-Pierre, un joli tramway bondé nous passe devant, comme un souvenir estudiantin. Au moment où les lampadaires s’éclairent, les parcs publics, eux, ferment leurs grilles pour la nuit. Beaucoup de monde vont et viennent, en tous sens, d’un pas assuré. Ici, ni âne, ni charrette, ni chien errant ; l’ordre est respecté. De jeunes femmes non-voilées, habillées à la mode occidentale, se promènent désinvoltes, seules ou entre amies, parfois garçons et filles réunis. Un beau parfum cosmopolite divague dans les rues, flotte dans l’atmosphère.

Pour les trois jours à venir, nous sommes accueillis par Charlotte et Jérôme, un couple de français, jeunes mariés, vivant au Maroc depuis quatre ans.