12 octobre 2013

 Allah ikhlef ! Qu’Allah te rende demain ce que tu m’as offert aujourd’hui. 
Version augmentée Version simple

Frugal petit-déj’, après une nuit angoissante, sur nos gardes, pour Mathieu comme pour moi.

Ce matin, Ahmed tient absolument à faire une photo souvenir , tous les trois, avec son téléphone d’abord, avec notre appareil photo ensuite. Pressés d’en finir, nous nous plions néanmoins au caprice, banal d’ordinaire, mais douteux dans ce contexte oppressant, de méfiance et d’allusions.

Après le traditionnel échange des numéros et adresses, nous reprenons la route, direction Boured, enfin !

Nous ne sommes partis que depuis une demi-heure, qu’un couple de fellahs quarantenaires nous hèle, au loin, de venir prendre le petit-déjeuner. Là, comme pour dissiper notre inquiétude, ils nous régalent d’un riche plateau de mets faits maison (pain, confiture, beurre et miel) et nous font déguster un étonnant café pimenté.

« Shokran bezaf. Allah ikhlef. » Puis nous repartons.

Ici, le macadam est défoncé : ornières énormes, nids-de-poule-géante, goudron envolé, ravin qui grignote la route, etc. De quand date sa dernière réfection ? Sa construction, elle, est l’œuvre des troupes coloniales françaises, dans les années vingt. Depuis, semble-t-il, rien. Ne dit-on pas que l’état des routes permet d’apprécier l’investissement d’un pays pour ses régions ? Ce bout de Rif-là doit être, au moins, bon dernier dans la liste des priorités de l’État marocain.

De rares véhicules circulent, surtout de vieux utilitaires Mercedes (type 207 ou 407) transformés, pour l’occasion, en minibus, en vraquier, en camion de déménagement ou à bétail. Ils sont l’emblème des campagnes et des montagnes marocaines. Sans eux, pas de vie humaine – ou plutôt, pas de vie moderne – dans tous les coins reculés de ce grand et beau pays. Leurs chauffeurs sont de vrais pilotes, des fous du volant. Et en montagne, où la réglementation est plus « molle » qu’ailleurs, on s’entasse jusqu’à une trentaine , comme dans de vieux cercueils collectifs à essieux.

Nous, marcheurs, c’est d’un œil amusé et ahuri, seulement, que nous les côtoyons. Et Dieu nous garde d’y mettre un jour le pied !

Frugal petit-déj’, après une nuit angoissante, sur nos gardes, pour Mathieu comme pour moi.

Ce matin, Ahmed tient absolument à faire une photo souvenir, tous les trois, avec son téléphone d’abord, avec notre appareil photo ensuite. Pressés d’en finir, nous nous plions néanmoins au caprice, banal d’ordinaire, mais douteux dans ce contexte oppressant, de méfiance et d’allusions.

Après le traditionnel échange des numéros et adresses, nous reprenons la route, direction Boured, enfin !

Nous ne sommes partis que depuis une demi-heure, qu’un couple de fellahs quarantenaires nous hèle, au loin, de venir prendre le petit-déjeuner. Là, comme pour dissiper notre inquiétude, ils nous régalent d’un riche plateau de mets faits maison (pain, confiture, beurre et miel) et nous font déguster un étonnant café pimenté.

« Shokran bezaf. Allah ikhlef. » Puis nous repartons.

Ici, le macadam est défoncé : ornières énormes, nids-de-poule-géante, goudron envolé, ravin qui grignote la route, etc. De quand date sa dernière réfection ? Sa construction, elle, est l’œuvre des troupes coloniales françaises, dans les années vingt. Depuis, semble-t-il, rien. Ne dit-on pas que l’état des routes permet d’apprécier l’investissement d’un pays pour ses régions ? Ce bout de Rif-là doit être, au moins, bon dernier dans la liste des priorités de l’État marocain.

De rares véhicules circulent, surtout de vieux utilitaires Mercedes (type 207 ou 407) transformés, pour l’occasion, en minibus, en vraquier, en camion de déménagement ou à bétail. Ils sont l’emblème des campagnes et des montagnes marocaines. Sans eux, pas de vie humaine – ou plutôt, pas de vie moderne – dans tous les coins reculés de ce grand et beau pays. Leurs chauffeurs sont de vrais pilotes, des fous du volant. Et en montagne, où la réglementation est plus « molle » qu’ailleurs, on s’entasse jusqu’à une trentaine, comme dans de vieux cercueils collectifs à essieux.

Nous, marcheurs, c’est d’un œil amusé et ahuri, seulement, que nous les côtoyons. Et Dieu nous garde d’y mettre un jour le pied !


  1. En français, « Paysans ». 

  2. En français, « Merci beaucoup ». 

  3. Qu’Allah te rende demain ce que tu m’as offert aujourd’hui. 

  4. Plus exactement, d’une division marocaine. 

  5. Plus exactement, pendant six semaines du printemps 1926.